Démarrer ou arrêter la musique

A propos de moi

Maman, Jean-Pierre, Steph: Je vous aime!!!!
On dit souvent qu'écrire et parler de soi, cela permet d'exorciser certains de nos démons intérieurs… Et, je suis tout à fait d'accord avec cela
Pour moi, l'écriture est une sorte de thérapie salvatrice qui me permet de me dégager de toutes ces tensions, de toutes ces souffrances accumulées au fil des ans… Cela me donne l'impression de me sentir plus libre et plus légère…
Bien sûr, je sais que je ne pourrais jamais entièrement refermer toutes les blessures ancrées au plus profond de mon cœur mais ces quelques mots déposés bout à bout sur une feuille de papier me permettront d'avoir la sensation de ne pas perdre mon âme…

Aujourd'hui, j'ai décidé de partager avec vous, une partie de mon histoire, de vous laisser pénétrer dans mon univers et découvrir celle que je suis vraiment, et apprendre que la différence n'existe que dans les yeux de celui qui ne veut pas voir au delà…

J'espère aussi qu'au travers de ce récit pouvoir faire évoluer un peu les mentalités de certains et faire en sorte que la prochaine fois que vous aurez l'occasion de croiser sur votre chemin quelqu'un de différent, vous ne portiez plus de jugements hâtifs. Car derrière celui ou celle que vous voyez, se cache un être humain capable d'éprouver, tout comme vous, des sentiments tels que l'amour, la haine, la joie, la tristesse…
Gardez également toujours à l'esprit que certaines de vos paroles peuvent être bien plus dévastatrices et douloureuses qu'un coup qui vous est porté. Croyez-moi ! La douleur d'un coup s'estompe après quelques temps pour finir par disparaître et être oubliée. Mais celle provoquée par des mots, resurgira tôt ou tard dans nos moments de faiblesse et de solitude…

Je ne me plains ni de mon état, ni de la vie que j'ai eue car, d'une certaine manière, ces expériences m'ont rendue plus forte et ont fait de moi celle que je suis aujourd'hui…
Je regrette juste que certaines choses, n'aient pas été différentes…
Je suis née à Ougrée en Belgique le mardi 17 novembre 1981 à 19h45. Mon arrivée était normalement prévue pour la fin février. Je suis donc née prématurément à , à peine six mois de grossesse. A l'heure actuelle, on m'aurait tranquillement laisser partir sans rien tenter pour me maintenir en vie mais, à l'époque, on ne connaissait pas vraiment les conséquences ni les séquelles que pouvaient laisser un tel degré de prématurité. On m'a donc immédiatement  placée en couveuse, sans que ma mère ait pu me voir, et on m'a transférée vers un autre hôpital… j'étais couverte de tubes et de tuyaux en tout genre qui me permettaient de vivre. j'en avais même un qui était directement relié à mon cerveau.
Je pense que les médecins ne savaient pas plus que moi à cet instant, si j'allais survivre car, à même pas six mois, la majeure partie des organes ne sont pas terminés et, m'a-t-on dit, je n'étais pas plus grande qu'une brique de lait… Mais je crois que déjà à cette époque, je possédais en moi cette force de caractère qui a fait que je me sois accrochée si durement à la vie.

On m'a mise la première fois dans les bras de ma maman un court instant, le jour de Noël. C'était son cadeau, mais j'ai du retourner en couveuse pour quelques semaines encore.
J'ai enfin pu quitter l'hôpital le 14 janvier 1982 au grand soulagement de tous mais on ne connaissait pas encore vraiment l'étendue des dégâts…
C'est au fur et à mesure que le temps passait que ma mère s'est rendue compte que quelque chose n'allait pas. Je ne réagissait pas comme les autres enfants de mon âge. Lorsque par exemple on me donnait mon bain et que ma tête était plongée sous l'eau, je n'avais pas le réflexe de fermer les yeux, ils restaient ouverts !  Je ne savais pas non plus garder la position assise et j'étais encore moins capable de tenir ma tête. Il fallait toujours qu'on la soutienne ou qu'elle soit appuyée contre un oreiller. C'est ainsi qu'à l'âge de 9 mois, une partie du diagnostic est tombé : j'étais atteinte d'une Infirmité Motrice Cérébrale ce qu'on qualifiera plus tard de " syndrome de Little "
C'est à partir de ce moment là que le long calvaire se mit en marche.
On m'a fait plusieurs examens pour savoir ce qui était atteint, tout en sachant bien que quoiqu'on puisse dire ou lire sur le sujet, les évolutions de la maladie sont toujours possibles et peuvent parfois apparaître bien des années plus tard sans oublier que d'autres maladies peuvent s'y greffer (ce qui est mon cas).
Mes membres supérieurs et inférieurs étaient atteints mais les inférieurs l'étaient d'avantage. Les médecins pensaient que je ne marcherais jamais La vue avait également subi de sérieux dommages ( j'ai une myopie assez sévère et seul l'œil gauche est capable de voir).
Par bonheur, la partie qui contrôle l'intelligence n'était pas touchée !

J'ai donc dû être prise en charge et suivie régulièrement par des ophtalmologues, des neurologues, des orthopédistes, des physiothérapeutes et, ceux que je voyais comme d'horribles bourreaux : les kinésithérapeutes. A l'époque, je ne comprenais vraiment pas pourquoi ils s'obstinaient à étirer et à malmener pendant des heures mes membres jusqu'à ce que je me torde et que j'en pleure de douleur. Je n'aimais vraiment pas me rendre en soins chaque matin. Je n'avais qu'une envie : m'amuser comme les autres. Mais, je savais que je n'aurais jamais une vie comme les autres et que, même si de temps à autre, la fréquence des soins pourrait diminuer quelque peu, j'en aurais besoin jusqu'à la fin de mes jours et je ne pourrais jamais rien y changer…

Je me suis donc quelque peu résignée et, avec le temps, je me suis rendue compte qu'ils n'étaient en fait pas mes ennemis mais bien mes meilleurs alliés car c'est grâce à eux que j'ai pu et que je peux aujourd'hui accomplir certains gestes du quotidien qui vous paraissent si banal tels que tenir sa fourchette, couper sa viande, s'habiller, se coiffer, se tenir debout et, finir par faire mes premiers pas à l'âge de cinq ans. J'avais, pour la première fois atteint l'un de mes but : faire mentir les médecins même si je savais que je n'aurais qu'un usage partiel de mes jambes et qu'inévitablement un jour où l'autre, le fauteuil roulant les remplacerait.

Entre temps, mes parents avaient divorcé, ma mère s'était remariée et m'avait donné une petite sœur (heureusement en magnifique santé). Je n'ai jamais eu vraiment  beaucoup de contacts avec mon père. Lorsque son tour de garde arrivait le week-end, il préférait me déposer chez sa mère plutôt que de prendre soin de moi. J'en ai beaucoup souffert et j'en souffre encore à l'heure actuelle… Cela fait maintenant quelques années que je n'ai plus aucun contact.
J'ai donc été élevée par ma mère et mon beau-père qui fut le seul modèle paternel que j'ai eu même si nos rapports étaient loin d'être idylliques (ce qui me rendait particulièrement malheureuse). Heureusement, depuis que j'ai quitté la maison, ça s'est arrangé pour mon plus grand bonheur. J'ai enfin l'impression d'avoir un papa.

Mes parents (ma mère et mon beau-père) n'ont jamais voulu réellement prendre en compte mon handicap. Je devais apprendre à me débrouiller le plus possible comme un autre enfant de mon âge. La maison n'était d'ailleurs pas adaptée, j'ai donc du apprendre une technique pour monter les escaliers car ma chambre se trouvait à l'étage, apprendre à rentrer dans la baignoire et à l'intérieur de la maison, il fallait que je marche car de toute manière, il était impossible d'y circuler en fauteuil.
Cela peut paraître très dur pour certains mais, même si à l'époque, je ne comprenais pas toujours très bien, et même si il y avait des moments ou c'était effectivement très dur et douloureux, je pense aujourd'hui que quelque part, en me forçant à aller toujours plus loin, ils m'ont rendu service et ont endurci malgré eux mon caractère. D'ailleurs même si je vis seule depuis bientôt 2 ans, je continue tant bien que mal à ne pas utiliser le fauteuil roulant à l'intérieur de mon appartement et j'essaye de faire un maximum de choses seule même si c'est loin d'être évident.
Il en fût de même pour ma scolarité, alors que la plupart des personnes souffrant du même type d'handicap allaient dans des écoles spécialisées, moi, j'ai suivi toutes mes études dans des établissements scolaires "traditionnels"  et j'en suis particulièrement fière même si ce ne fut guère évident et que je ne garde pas vraiment de très bons souvenirs de ces années parce qu'il fallait sans cesse trouver un établissement scolaire qui ne soit pas trop grand ni trop éloigné de la maison et qui de plus, m'acceptait avec mon handicap  et, je vous jure que je me suis retrouvée plusieurs fois face à des portes closes.
Car vous avez beau être intelligent, ce n'est pas pour autant qu'une école vous acceptera... Les gens, je pense, ont bien trop peur de la différence et quant il s'agit de devoir vous donner un petit coup de main c'est encore moins évident...

J'ai toujours été une assez bonne élève je dois dire. De toute manière, je n'avais pas d'autre choix car si je ne ramenais pas à la maison d'excellents résultats, j'étais sévèrement sanctionnée. Ce ne fut pas évident tous les jours car j'attendais chaque fois le résultat de mes tests avec la peur au ventre... Et j'enviais énormément ma soeur qui, elle avait une éducation beaucoup plus laxiste que la mienne et pouvait se permettre de revenir de l'école avec des résultats médiocres sans craindre de subir la moindre sanction.

Ma mère justifiait cela en me disant que puisque j'étais différente, je devais prouver d'avantage de choses que les autres et être la meilleure. Je ne pouvais donc me permettre la moindre erreur.

Même si encore une fois, je vivais cela très difficilement, je peux dire qu'avec les années et, d'une certaine manière, que cela m'a rendu une fois de plus, service car j'ai fait toute ma scolarité sans avoir aucun échec ( je ne l'aurais d'ailleurs pas supporté) et j'ai obtenu mon diplôme en comptabilité (alors que j'ai toujours détesté ce matière) avec qualifications.

Cette éducation sévère m'a permise de toujours repousser mes limites et me surpasser pour être la meilleure dans tout ce que j'entreprenais...

Aujourd'hui, je peux dire sans crainte que je remercie mes parents pour cela même si ce fut dur et même si, finalement ça n'aura pas servi à grand chose car je n'ai pas pu poursuivre mes études dans le domaine que je désirais et encore moins avoir la chance de travailler.

Je n'ai jamais eut vraiment d'amis durant ma scolarité... Personne ne voulais jamais vraiment venir s'asseoir à mes cotés en classe, sauf lorsqu'il y avait une interro ou un devoir à faire car évidemment, je ne refusais jamais de venir en aide à mes camarades de classe car je me disais que tôt ou tard, ils se rendraient compte que je n'étais finalement pas si différente que ça en fait et qu'on finirait par devenir de bons amis. Mais ce jour n'est malheureusement jamais arrivé.

Alors je me suis jetée à corps perdu dans les études et, comme j'étais pratiquement toujours seule lors des récréations, j'en profitais pour réviser et faire mes devoirs de sorte que lorsque je rentrais le soir à la maison après une longue séance de kiné épuisante, il ne me restait plus beaucoup de travail à accomplir. Car j'ai toujours du concilier l'école et les soins et gérer du mieux que je pouvais mon emploi du temps et mon état d'épuisement.

J'ai toujours aimé apprendre et même si certains profs m'ont mené la vie dure et ont tenté de me décourager, je ne me suis jamais laissée démontée et j'ai toujours réussi à avoir d'excellentes notes malgré le fait qu'ils ne voulaient pas m'accorder plus de temps pour terminer mes interrogations...

En fait à cause de mon handicap, j'ai besoin de beaucoup plus de temps que quelqu'un d'autre pour écrire. Si on m'interroge oralement, aucun problème mais, si on me demande d'écrire ou si on me dicte quelque chose il me faut beaucoup plus de temps car j'ai des problèmes de coordination des mouvements. Par exemple, s'il vous faut cinq minutes pour recopier une page, il me faudra une vingtaine de minutes pour accomplir le même exercice.
Ce qui ne fût guère évident car la majorité des profs dictaient une bonne partie de leurs cours. Et comme je ne bénéficiais pratiquement jamais d'aucune aide ni d'aucune faveur, j'ai appris à développer mon attention et ma mémoire de sorte que je n'avais plus besoin de prendre de notes pour assimiler la matière.

Petite (je devais avoir cinq-six ans environ), je rêvais de devenir chirurgien en ophtalmologie car j'ai toujours été fascinée par le regard et ce qu'il pouvait faire passer comme émotions et j'aimais également tout ce qui se rapportait à la médecine et la science. Mon ophtalmologue a passé des heures à m'expliquer avec beaucoup de douceur que ça ne serait pas possible à cause de mon état. Mais elle m'a toujours dit qu'au niveau intellectuel, j'en aurais tout à fait été capable.

Après ma période "Ophtalmo", j'ai rêvé de devenir actrice et/ou chanteuse déjà bien avant de découvrir Sela et Céline Dion (mon autre idole) car j'ai toujours été fascinée par le monde féerique du spectacle et j'ai toujours adoré me déguiser et me prendre pour une autre. Cela m'aurait d'ailleurs beaucoup plu d'entrer au conservatoire pour y suivre des cours de chant et de comédie mais ce n'était encore une fois pas possible. C'est étrange, j'ai toujours eut des rêves utopiques et beaucoup d'ambitions. Sans doute parce que l'on désire toujours ardemment ce qu'on ne peut avoir...
Bien que ce rêve ne m'ait jamais réellement quittée, j'ai toujours su qu'il fallait me trouver un "métier de secours" qui me passionnerait tout autant et pourrait me permettre de vivre confortablement.

Alors comme j'aimais le contact avec les gens de tous horizons, de toute culture et, comme j'avais de grandes facilités avec les langues étrangères, je désirais donc poursuivre mes études pour devenir interprète ou professeur de langues.

Mes profs de langues de l'époque m'ont toujours encouragée dans cette voie et, de temps à autre, me laissaient corriger les copies d'autres élèves car il faut dire qu'en ce temps, j'étais parfaitement trilingue: Je parlais le  français, le néerlandais et l'anglais couramment. Ce qui n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui car à la suite d'une intervention chirurgicale qui n'a pas donné les résultats escomptés, je n'ai pu poursuivre mes études car je ne correspondait plus à ce que l'école attendait (car l'opération était censée me rendre un peu plus d'autonomie et de mobilité. Ce qui ne fût pas le cas) et j'ai été tellement dégoûtée que je n'ai plus voulu prononcer aucun mot ni entendre parler une autre langue que le français...
Ce que je regrette amèrement aujourd'hui bien que je m'y suis peu à peu remise et que je récupère peu à peu mes automatismes.

C'est en 1999, deux semaines après avoir été diplômée, le 8 Juillet pour être plus exacte que cette opération (la plus douloureuse que j'ai subi jusqu'à présent) qui changera à jamais le cours de ma vie et qui me laissera avec des douleurs atroces, a eut lieu.  
Cela faisait plusieurs mois déjà que je me plaignais d'horribles douleurs aigues au niveau de la hanche gauche. Ce qui rendait la marche et les mouvements extrêmement difficiles et douloureux.

J'ai donc dû me rendre à la consultation d'un chirurgien orthopédiste pour voir ce qu'il en était...

Là, j'ai appris que ma hanche était usée et sur le point de se déboîter. Il fallait faire une reconstruction sans tarder avant qu'elle ne se luxe complètement (ce qui m'aurait condamnée en permanence au fauteuil roulant) car, en raison de ma faiblesse musculaire et de l'usure de mon ossature, il est impossible de me placer une prothèse de hanche.
Et comme il m'était impossible d'étendre et d'écarter les jambes et que j'avais une démarche proche de celle d'un canard (presque à genou et avec les jambes de travers), le chirurgien a proposé d'y remédier en transférant, greffant, allongeant et coupant plusieurs tendons et muscles afin que j'ai un aspect "plus normal", plus droit et qu'en me voyant, les gens pensent que j'avais simplement eut un accident. De plus, il me garantissait une meilleure démarche, moins douloureuse avec plus d'équilibre et de stabilité grâce à cette intervention qui, selon lui, aurait un taux de réussite de 100%. La seule ombre au tableau serait les deux mois et demi de convalescence pendant lesquels je devrais restée couchée à plat sans pouvoir m'asseoir (même pas pour manger) avec des armatures destinées à garder mes jambes parfaitement étendues et écartées sans oublier les deux séances de torture quotidienne effectuées par  un kiné. Mais toujours, d'après lui, je serais prête à temps pour pouvoir rentrer à l'école et poursuivre sans aucun problème mes études en langues vu que je serais plus autonome...

Le deal me paraissait correct et me faisait espérer une vie meilleure avec moins de douleurs. Mes parents et moi acceptèrent donc l'intervention puisque de toute manière on devait remettre ma hanche en place et on me fit passer toute une série de tests ainsi que des simulations sur ordinateur qui donnaient apparemment des résultats très concluants.

Je me suis donc rendue le jeudi 8 Juillet 1999 à l'hôpital non sans craintes et le coeur rempli d'espoir pour y subir cette intervention.

Elle comportait pas mal de risques car elle devait durer pas loin de cinq heures et que comme j'avais déjà subi d'autres interventions, la quantité de produits anesthésiants devait être plus importante car au fil du temps, le corps développe une résistance à ces produits. De plus, les médecins devaient être très vigilants concernant cette anesthésie car lors d'une intervention que j'ai subi à l'âge de neuf ans, je me suis malheureusement réveillée et ce fut l'une des expérience les plus traumatisantes et douloureuse que j'ai vécue ( à côté de ça, le meilleur scénario de film d'horreur ferait sourire!).

L'opération aura finalement duré plus d'une dizaine d'heures. Mes parents pensaient d'ailleurs que je n'y avais pas survécu.

Mais je me suis finalement réveillée avec une douleur tellement atroce que la morphine n'avait aucun effet et que j'ai demandé à maintes reprises à Dieu de venir me chercher pour m'emmener avec lui.

Je n'ai pratiquement rien mangé pendant plusieurs jours. Je n'avais plus goût à rien et lorsqu'enfin, j'ai cru que le plus dur était peut-être derrière moi, le calvaire a commencé.

On venait me retourner toutes les deux heures sur le ventre afin que l'ossature se mette en place et que je ne souffre pas d'escarres. Or depuis que je suis née, je ne supporte pas cette  position qui me provoque d'abominables douleurs dorsales à cause d'une forte cambrure...

J'ai retrouvé l'espoir le jour où, on a soulevé mes draps afin que je puisse voir mes jambes... Je n'arrivais pas à croire ce que j'entrevoyais. Elles étaient droites et étendues pour la première fois de ma vie! J'en ai pratiquement pleuré de joie. j'étais d'autant plus heureuse car j'ai réalisé qu'en fait, j'étais grande. En dépliant mes jambes, le chirurgien m'a fait gagner une vingtaine de centimètres! (je mesure à présent 1,74 mètre). Alors, je me suis dit que cette souffrance valait finalement peut-être la peine et que les deux mois et demi seraient vite passés...

Je n'avais qu'une hâte: entamer mes trois années de graduat et devenir une brillante interprète ou un excellent  professeur d'anglais et peut-être partir faire un stage de plusieurs mois dans un établissement scolaire aux États-Unis car j'ai toujours rêvé d'y terminer mes études et même d'y vivre  quelques temps...

Mais mes espoirs ont vite été anéantis! Après trois mois de revalidation, ma hanche n'était toujours pas consolidée, je ne pouvais pas poser un pied sur le sol et je souffrais toujours autant voire d'avantage. J'ai donc dans un premier temps repoussé, mon arrivée à l'école étant donné que le chirurgien m'avait dit que ce serait juste un peu plus long que prévu mais qu'il ne fallait pas m'inquiéter.

Les semaines passèrent sans aucune amélioration. Et lorsqu'enfin, je pu poser sans risque les deux pieds sur le sol pour recommencer à marcher, je constata que je n'en étais plus du tout capable et que mon pire cauchemar était devenu réalité: j'étais clouée 24h/24h dans un fauteuil roulant, je souffrais encore plus  qu'avant et j'avais perdu la fonctionnalité de certains muscles. Je devais maintenant m'aider de mes bras pour lever la jambe.

C'est donc le coeur rempli de larmes que j'ai annulé mon inscription à l'école qui, de toute façon, ne voulait plus de moi dans ces conditions et que j'ai pris conscience que plus rien ne serait comme avant, qu'il me fallait faire une croix sur mes projets d'avenir.

Mais je voulais au moins retrouver l'usage de mes jambes même si c'était temporaire (car tôt ou tard, je sais que j'en perdrai définitivement l'usage mais tant que j'arrive à repousser l'échéance, je me battrai).


Alors, je suis partie dans un centre de revalidation pour y subir une rééducation intensive. Ce fut très dur et douloureux. Mais, après plus de dix mois passé dans cet établissement à me battre chaque jour d'avantage, j'ai gagné mon pari en recouvrant l'usage partiel de mes jambes et j'étais capable de marcher un peu à l'aide de béquilles. J'aurais voulu pouvoir revenir en arrière et remarcher comme avant l'opération mais c'était impossible. la seule chose positive que cette opération m'aura apportée c'est que je n'ai plus l'air "aussi différente" qu'avant car je suis plus droite et plus grande; mais à quel prix...

Les douleurs et la spasticité se sont intensifiées au fil du temps me rendant par moment la vie insupportable et d'autres symptômes de la maladie sont apparus. On m'a découvert un prolapsus mitral (malformation d'une valve cardiaque qui doit être contrôlée régulièrement en vue d'une éventuelle intervention chirurgicale), de la tachycardie (pouls trop élevé), ont suivi des acouphènes (bourdonnement intempestifs et permanents dans les oreilles pouvant provoquer des migraines) et par la suite des décollements et des lésions de mes rétines (qui font que mon champ de vision diminue).

J'ai donc du commencer à prendre d'avantage de médicaments pour tenter de me soulager mais sans grand succès.  Même la morphine ne me soulageait pas. Elle me rendait seulement malade...

Alors, j'ai peu à peu sombré dans une dépression d'autant que l'ambiance familiale n'était plus au beau fixe car mes parents en avaient assez de m'entendre me plaindre de douleurs qu'ils n'arrivaient pas à comprendre et à admettre (ce que je peux comprendre)... Il est vrai que l'on m'avait toujours appris à ne jamais me plaindre. Ce que je faisais très bien jusqu'à ce que la douleur atteigne le seuil de tolérance zéro.

Alors je me suis sentie incomprise, désemparée et terriblement seule, luttant de toutes mes forces pour une bataille que je savais perdue d'avance. Je n'avais qu'une envie disparaître...
Les médecins ont donc décidé pour mon bien et pour tenter de me venir en aide de m'hospitaliser. Je suis restée à l'hôpital deux mois et demi durant lesquels on a essayé la plupart des traitements anti douleur mais sans succès.

Durant ce séjour, j'ai aussi pris l'une des plus dure décision qu'il m'ait été donné de prendre. Pour mon bien et pour celui de mes parents, j'ai décidé de partir vivre seule dans un appartement. De toute manière, je n'avais plus vraiment le choix car je n'étais plus capable de monter tout un étage pour aller dans ma chambre et prendre un bain était devenu impossible.

J'ai donc emménagé, il y a presque deux ans, dans un appartement à un peu plus d'un kilomètre de chez mes parents avec qui j'ai retrouvé une très bonne relation. Ce n'est pas évident tous les jours de devoir vivre seule car j'ai du apprendre à assumer tant bien que mal certaines tâches quotidiennes comme par exemple me préparer un repas. Heureusement, j'ai de temps en temps l'aide de mes parents.
De plus, pour combler ma solitude et mon besoin d'affection, j'ai adopté un chien, deux chats, un perroquet et deux perruches.
Je sais cela peut paraître dingue et inconscient d'avoir autant d'animaux dans un petit appartement et, dans mon état. Il est vrai qu'il n'est guère évident de m'en occuper tous les jours mais mes animaux sentent que j'ai plus difficile et font en sorte de me facilité la tâche à leur manière. De plus, ils m'obligent chaque jour à me surpasser et me donnent un but pour me lever chaque matin et affronter la vie.  
Je les adore! Ce sont mes bébés (je leur ai d'ailleurs donné pour la plupart des prénoms "humains" que j'aimais bien) et même si il y a des moments ou je suis épuisée et faible, je n'imagine plus un instant ma vie sans eux et je ne m'imagine pas non plus comment certaines personnes peuvent faire du mal à de si gentils petits êtres qui ne demandent qu'à être choyés...

Mes animaux sont mes  amis car mis à part Jef, mon meilleur ami que j'ai rencontré au solfège il y a cinq ans, je n'ai pas d'amis de mon âge et je n'en ai jamais vraiment eut à mon grand regret d'ailleurs. Ceux que je croyais être mes amis s'en sont allés au moment où j'aurais eut besoin de soutien.

Et si j'ai tenu le coup pendant toutes ces années, c'est grâce à mes rêves et à ma passion pour Céline et Sela qui ont été mes meilleures et mes seules "amies" durant toutes ces années... "Mes anges gardiens".
Mais bizarrement, je n'ai jamais vraiment éprouvé l'envie de créer un site pour rendre hommage à Céline. Mon choix c'est immédiatement porté sur Sela sans que je me pose la moindre question. Peut-être est ce le fait que tout le monde connaît le parcours de Céline même sans en être fan. Je n'en sais rien. Tout ce que je sais c'est qu'en créant ce site en hommage à Sela, j'avais l'impression d'être plus proche d'elle et c'était aussi ma manière  de la remercier car je sais pertinemment bien que  je ne pourrais jamais le faire en personne.

Et puis, j'espère pouvoir faire plaisir à ceux qui comme moi l'apprécie et permettre à ceux qui n'ont pas la chance de la connaître, de découvrir aussi bien l'artiste que la femme...

Pour mieux me connaître...

Nom: Couset
Prénom: Emmanuelle
surnoms: Emma, Manu, Manuelle
Date de naissance: 17/11/1981
Ville: Seraing
Pays: Belgique


Questionnaire de Proust


Trait principal de mon caractère: la générosité
Les qualités que j'apprécie chez un homme/une femme: La sincérité, la fidélité, la confiance la gentillesse, la tendresse, la sensibilité la générosité, l'altruisme ...
Ce que j'apprécie le plus chez mes amis: Eux,tout simplement
Mon principal défaut: L'impatience ( quand je désire quelque chose, je ne sais vraiment pas attendre)
Mes occupations préférées: écouter, chanter, lire, collectionner et regarder tout ce qui se rapporte à mes idoles, Sela et Céline sinon j'aime m'occuper de mes animaux, lire, chanter, le ciné, la musique, l'informatique, cuisiner, regarder le soleil se lever en écoutant le chant des oiseaux, faire des rencontres et profiter de l'instant qui se présente tel un cadeau et comme si c'était le dernier que je vivrais...
Mes rêves de bonheur: Que chaque personne sur cette terre puisse être heureuse et en bonne santé qu'il n'y ai plus de guerre, de pauvreté, de famine. Pouvoir combler les moindres désirs des gens que j'aime. Avoir une journée sans douleurs et être comme les autres. Pouvoir partir en vacances aux États-Unis et au Canada. Marcher dans le sable. Pouvoir un jour trouver l'amour le plus pur, le plus sincère qui puisse exister. Avoir l'immense honneur et le privilège de rencontrer Sela et pouvoir jouer même le plus infime des rôles à ses côtés mais surtout pour lui dire merci.  Avoir une photo dédicacée de Sela. Pouvoir chanter et partager un moment privilégié avec ma Céline et voir A new day.  Faire du doublage voix et pourquoi pas doubler Sela en français. assister à un tournage et visiter les studios.
Quel serait mon plus grand malheur: Perdre les gens ou les choses que j'aime, perdre une amitié, rendre quelqu'un malheureux, passer à coté et ne jamais connaître l'amour de ma vie.
Ce que je voudrais être: Quelqu'un de bien apprécié de tous et telle que je suis. Moi, sans mon handicap et ma foutue santé. Une chanteuse et une actrice de talent
Le pays où je voudrais vivre: Celui ou il n'y aurait plus de guerre, de maladie, de famine ou seul régnerait l'amour et le don de soi... mais comme il n'existe pas, je dirais le Canada ou les U.S.A.
Ce que je ferais si je gagnais une somme astronomique à la loterie: J'offrirais à tous, les gens que j'aime ce qu'ils désirent, je fonderais une association pour aider les sans abris car je trouve inadmissible à l'heure actuelle qu'il y ait des gens qui meurent de froid et de faim et qui ne possèdent pas un lieu pour vivre... Et s'il reste un peu d'argent, je m'offrirais un voyage aux U.S.A. avec un accompagnant et je m'offrirais une petite maison en bois dans la foret au bord  d'un lac pour y vivre en communion avec la nature et mes animaux.
La couleur que je préfère: le bleu
Les fleurs que je préfère: la rose et l'orchidée
Mon plat favori: les pâtes... J'adore la cuisine Italienne, j'en mangerais tous les jours! Ca me plairait de partir en Italie rien que pour aller goûter leurs pâtes!
Mes desserts favoris:les profiteroles, les pancakes au sirop d'érable, la crème glacée parfum chocolate fudge brownie de la marque "Ben and Jerry's"(trop délicieux!!!!) et les chips "Lay's"
Le designer de bijoux que je préfère: Nancy Shebby qui est super sympa et qui fait de merveilleuses créations qui peuvent se porter aussi bien pour une grande occasion que dans la vie de tous les jours... J'adore trop porter mes bijoux de chez BodyRocks... Thank you Nancy!!!!
L'oiseau que je préfère: mis à part Jessie mon perroquet, la colombe
Mon héro de fiction favori: Le sexy Docteur House
Mon héroïne de fiction favorite: Lily Manning
Mes chanteurs et chanteuses préférés: Céline of course,Faith Hill,Isabelle Boulay,Leann Rimes, Reba McEntire, Lynda Lemay, Fabiola Toupin, Piaf, Barbra Streisand, Annie Lennox,Brandi Carlile, Lara Fabian, Hélène Ségara, Claudette Dion, Judith bérard, Natasha St-Pier, Obispo, Goldman, Garou, Marc Dupré, Bruno Pelletier, Josh Groban, Helmutt Lotti, Roberto Alagna, Paolo Nuttini, Snow Patrol... En fait, j'aime tout les styles de musique du moment que le texte ou la voix me touche
Mon album favori: D'eux car c'est avec lui que ma passion a pris de l'ampleur mais j'écoute ausssi énormément Fireflies de Faith Hill
Ma chanson favorite: Je sais pas mais en fait, elles sont trop nombreuses
La chanson que j'écoute le plus en ce moment:Piece of my heart
Le style de musique que je préfère: La Country Music
Mon film préferé: Tous ceux de Sela of course!!!! et l'arbre de Noël
Film avec Sela que je préfère: Tous car c'est vraiment trop difficile de choisir je les aime trop mais s'il fallait vraiment faire un choix, je dirais, Le Fugitif car c'est avec ce film que je suis devenue fan.
Mes prénoms favoris: Sela, Céline, Savannah, Gabrielle, Benjamin, Lucas, Gabriel
Ce que je déteste par dessus tout: la violence
Mes phobies: les araignées, le noir et la mort
Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence: celles d'orthographe
Ma devise: l'amitié est une perle que l'on découvre au plus profond d'un coeur et vivre intensément chaque jour comme s'il s'agissait du dernier.


Petite particularité: J'adore porter des accessoires dans mes cheveux même s'ils sont courts. J'adore les chapeaux et les bandeaux et de temps en temps, je porte une perruque just for fun... car j'adore plaisanter.

Quand j'ai mal et que je ne suis pas bien, j'essaye de faire la fofolle pour décompresser, je canalise ma douleur en chantant, je regarde un bon film avec Sela et j'écoute Céline ou Faith.
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Je voudrais remercier Kate pour cette merveilleuse création qu'elle a faite pour moi...
Cette attention m'a énormément touchée et j'espère qu'elle sera le début d'une belle amitié...

Merci encore Kate!


Copyright (C) 2007-2010. Tous droits réservés.Créé par Emmanuelle Couset en hommage à Sela Ward Première mise en ligne en Juillet 2007